Patrick Bruel investissait pour deux soirs, ce week-end, la scène de Forest National avec un tour de chant intitulé Seul... ou presque. Parce qu'évidemment, il ne l'était pas tout à fait: les deux soirs, la salle bruxelloise affichait complet. Sur scène, cela dit, il a assuré la très grande majorité des titres en solo, accompagné soit d'une guitare sèche, soit d'un piano. "Ca permet de revisiter des chansons et d'en redécouvrir aussi. Je peux aussi vous parler un peu de moi."
Il a fallu le temps que Forest s'habitue à cette formule plus intime. Et ce ne fut pas une mince affaire. La Bruelmania est toujours à l'ordre du jour dans le coeur de certaines fans qui ne cessent de hurler tout au long du show. Si Bruel en souriait ("calme-toi, ça va aller" répondait-il aux "Je t'aiiiime" tonitruants) on sentait bien également qu'il essayait d'instaurer un climat de respect et d'écoute. Et qu'importe s'il a dû pour cela remonter les bretelles de certains qui le mitraillaient aux flashs. "Je ne vais pas vous faire un cours sur les dégâts d'Internet."
Cela étant dit, le chanteur a pu enfin se livrer complètement. En musique, bien sûr, avec une succession de tubes, de Qui a le droit à Combien de murs en passant par Alors regarde ou J'te l'dis quand même mais également en paroles puisque entre chaque morceau,
Bruel y allait de ses petites anecdotes. Ainsi, juste avant J'te mentirais, il racontait: "Si on ne veut pas qu'il y ait de ruptures, il ne faut pas faire de bêtises. Mais qui est l'abri de croiser un autre regard? Pas moi en tout cas..." Allusion évidente à sa séparation d'avec Amanda Sthers, la mère de ses enfants, qui a fait les choux gras des journaux.
Il évoqua à nouveau sa vie privée lors de la présentation d'une sympathique nouvelle chanson, baptisée Oui et excellent présage à la sortie future de son nouveau disque. "C'est une chanson sur le mariage. Enfin, en fait sur le non mariage." Il rigole, se reprend: "C'est assez navrant la manière dont je présente cette chanson. Non, mais j'ai beaucoup de respect pour le mariage, mais il y a d'autres solutions. J'ai déjà essayé la première, je vais essayer autre chose..."
Patrick Bruel, parfois rejoint par un guitariste, nous a offert un excellent moment de musique. Ils sont peu nombreux à pouvoir se targuer de mettre une ambiance de folie (Le Café des délices fut l'un des points culminants du spectacle) en étant seul sur scène et d'avoir un tel nombre de tubes à leur actif.
On retiendra cette image de Forest National transformé en grand bal populaire sur Mon amant de Saint-Jean. En quelques notes, Bruel a réussi à faire danser toute la salle, tant dans la fosse que dans les gradins. Un moment joyeux qui a laissé des sourires par centaines
sur les visages des spectateurs.





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